📖 Bifrost n° 122 : 30 ans
La revue des mondes imaginaires
Le numéro 122 de la revue Bifrost coïncide avec les 30 ans de celle-ci et on s’attendrait donc, logiquement, à un numéro anniversaire avec un récapitulatif, une sorte de bilan ou de résumé du temps écoulé, des évolutions du magazine, de ses auteurs fétiches ou même, soyons fous, une pagination supplémentaire et/ou des photos en couleur.
Et bien non, ce numéro “spécial” fête, non pas les 30 ans de Bifrost, mais les 100 ans d’Amazing Stories, autre revue mythique (mais bien sûr d’une autre envergure) ! Quelle logique, me demandez-vous ? Aucune idée, si ce n’est la coïncidence des dates et l’hommage que la rédaction préfère assumer envers Amazing et fait un retour rapide sur son histoire dans l’éditorial, marqué par le décès d’un des collaborateurs de longue durée. En tout cas, le dessinateur s’est amusé à placer l’équipe sur la couverture, dont je ne connais qu’une poignée de personnes suite à des visites de salons passées.
Bon, l’aspect pulp voir parfois souvent démodé de ce type de littérature ne m’intéresse que très moyennement, contrairement à l’équipe du magazine, c’est donc avec un œil distrait que j’ai survolé le (gros) dossier dédié. Aussi, passons directement aux nouvelles qui ouvrent la revue.
Les nouvelles du numéro
Le froid va encore empirer, de Rich Larson
Une courte nouvelle du chouchou du Bélial, qui laisse entrevoir un univers sombre et glacial (uh, uh) mais a un goût de trop peu. Du potentiel, mais pas assez exploité.
Hommage à Pandore, de Robert Charles Wilson
Une micro-nouvelle (à peine 2 pages !) sur le thème de la capsule temporelle, qui n’a pas fonctionné pour moi.
Réduire, de Laurent Genefort
Une nouvelle avec une enquête dans une bibliothèque visitée par la myriade d’extra-terrestres que Genefort s’amuse à inventer dans nombre de ses récits. Hélas, j’ai beau suspendre mon incrédulité, le mélange n’a pas pris pour moi et l’intrigue n’est guère passionnante, au moins l’auteur s’est-il amusé.
De boue et de bois, Olivier Caruso
La plus longue nouvelle du numéro prend son temps pour instiller une atmosphère victorienne qui mêle une lente montée vers l’horreur, ou en tout cas un sentiment dérangeant, mêlant bonne société anglaise, recherches sur l’évolution et empire colonial, rien que ça. Un mélange improbable qui finalement fonctionne très bien et débouche sur un résultat réussi.
Les autres rubriques
Forcément, je ne parlerai ici que des articles qui m’ont un peu plus intéressé que le reste de la revue, et je passe pratiquement sous silence les avis sur les sorties des bouquins, sauf le fait de voir republier la saga des Sentiers des Astres de Stefan Platteau, interrompue par la faillite des Moutons Electriques (et/ou la durée du cycle commencé en 2014 et qui n’en finit pas de ne pas finir - j’ai l’impression qu’il reste encore au moins 2 tomes à venir). Espérons que son passage Au Diable Vauvert (depuis octobre dernier, j’avais raté l’info) nous permettra de découvrir - enfin - sa conclusion ! Ce serait pour moi l’occasion de tout relire…
On notera le décès de Dan Simmons, l’auteur mythique de la saga non moins mythique d’Hyperion mais aussi de L’Echiquier du Mal, hautement recommandable ainsi que celui de Pierre Bordage, auteur prolixe que je n’ai quasiment pas lu. Sans doute Bifrost lui consacrera-t-il un dossier posthume à l’avenir.
L’index de Substack étant perfectible, je vous renvoie vers celui de mon ancien blog qui recenses mes avis de lecture et que je mets à jour assez régulièrement.



"et qui n’en finit pas de ne pas finir - j’ai l’impression qu’il reste encore au moins 2 tomes à venir" : mais tellement, j'ai même l'impression - vu de loin - qu'on est à deux tomes de la fin depuis la parution du premier. 😅