Il y a quelques mois, des gens bien intentionnés m’ont offert un superbe volume des éditions Callidor, que je découvrais alors pour l’occasion. Rien de moins que le très classique Dracula de Bram Stoker. Une arrivée en PAL qui tombait bien puisque je n’avais pas relu ce roman depuis des décennies (je ne sais même plus où est mon bouquin précédent) et que j’ai toujours l’intention de faire jouer une petite campagne de jeu de rôle dans un environnement horrifique (en Barovie pour les connaisseurs).
Tout d’abord, admirons l’objet-livre comme on dit, avec couverture rigide, dorures, papier épais, un bel ouvrage auquel il ne manque qu’un signet. Et un beau morceau, car il fait quand même 600 pages, ce à quoi je ne m’attendais pas. Il y a de nombreux ajouts, j’y reviendrais plus tard mais j’étais surpris par la longueur du texte initial. Et surtout, celui-ci est accompagné d’illustrations de Christian Quesnel qui sont bien dans le thème et les couleurs du rouge et du noir, en harmonie avec la couverture.
Comme dit, le livre comprend un préface de Stephen King, qui s’y connait un peu en horreur et en vampires, mais aussi d’un descendant de l’auteur, Dacre Stoker (qui signe aussi une postface), des commentaires de l’illustrateur et même une fiche technique détaillée de l’édition (dans un cadre en forme de cercueil, c’est “marrant”). Sans oublier L’invité de Dracula, une nouvelle de Stoker supprimée du roman qui était déjà long pour l’époque. On a donc entre les mains une édition complète et de qualité.
Ma seule crainte était de trouver un texte suranné, pénible à lire à cause de ses archaïsmes ou tournures de phrases désuètes (et ce, sur 600 pages ou presque, donc) ce qui aurait été un calvaire. Heureusement il n’en est rien car la traduction d’Alain Morvan et Anne-Sylvie Homassel rend le texte fluide et agréable à lire, ce qui n’est pas évident avec ce type de roman. D’abord à cause de son âge (publication initiale en 1897) mais aussi par le fait qu’il soit épistolaire. En effet, Dracula est un ensemble de textes, le plus souvent issus de journaux intimes (un genre qui revient à la mode depuis quelques années mais est ici répandu chez quasiment tous les protagonistes), complété de plusieurs lettres et quelques autres documents.
On passera donc d’un personnage à l’autre via leur journal ou les missives qu’ils s’échangent, qui nous permettent au passage d’avoir un aperçu de leurs pensées et leurs craintes. Je ne vais pas raconter l’histoire, je pense que tout le monde la connait mais il est amusant de se replonger aux sources du mythe vampirique, en tout cas avec le récit qui l’a popularisé mondialement) et de voir arriver les problèmes, l’évolution lente mais inexorable de la contamination. Bien sûr, en tant que lecteur moderne, on devine aisément ce qui va se passer et on peut se “réjouir” des tentatives consistant à essayer de parer au mal (sic) mais on peut aussi essayer de replacer dans le contexte d’une Angleterre d’avant 1900 (dont on a un aperçu cru et parfois cruel si j’ose dire).
Une très bonne lecture, fluide et facile à lire, avec peut-être un roman un poil trop long et une fin un peu abrupte et manquant d’ampleur mais ce ne sont que quelques légers bémols. Et un texte sublimé par cette édition de qualité que je ne peux que recommander.
Les illustrations de cet article sont issues du site des éditions Callidor, n’y allez pas, il y a plein de belles choses qui font envie !





C'est marrant j'ai pas le souvenir d'un pavé, mais je l'ai lu en numérique (et globalement ça se lisait tout seul pour un texte de l'époque)
Mais trop bien!! Je suis enchantée que tu aies aimé. Je l'a-do-re!!!!